Les formats de tournoi, et comment choisir
Le choix du format décide de trois choses : combien de matchs vous aurez à faire jouer, combien de temps ça prendra, et combien de parties chaque équipe disputera. C'est la décision la plus structurante d'un tournoi, et elle se prend avant les inscriptions.
Liste des formats
Élimination directe
Dans un tournoi à élimination directe, une équipe qui perd est éliminée. Avec N équipes engagées, il faut exactement N − 1 matchs pour désigner un vainqueur, et le nombre de tours est le premier exposant de 2 supérieur ou égal à N. C'est le format le plus rapide, et le plus brutal : la moitié des équipes ont fini de jouer après le premier tour.
N − 1 matchs, et ⌈log₂(N)⌉ tours
Poules puis phase finale
Les équipes sont réparties en poules où chacune rencontre toutes les autres, puis les mieux classées se retrouvent dans un tableau à élimination directe. Une poule de N équipes produit N × (N − 1) ÷ 2 matchs. C'est le format qui garantit à chaque équipe plusieurs matchs, et de loin le plus utilisé en tournoi associatif.
Par poule de N : N × (N − 1) ÷ 2 matchs. Plus la phase finale.
Mêlée
En mêlée, les équipes ne sont pas fixes : à chaque manche, les joueurs sont réappariés. La première manche est tirée au sort, les suivantes opposent les joueurs de niveau proche selon le classement en cours : le premier contre le deuxième, le troisième contre le quatrième. Le classement final se fait à la différence de points cumulée, et tout le monde joue toutes les manches.
N ÷ 2 matchs par manche, × le nombre de manches
Consolante
Une consolante est un second tableau qui récupère les équipes éliminées du tableau principal et leur offre une compétition parallèle, avec son propre vainqueur. Ce n'est pas un format autonome : c'est une option qui se greffe sur une élimination directe ou sur une phase finale. Son intérêt est simple : sans elle, la moitié des équipes rentre chez elle après un seul match.
Environ N ÷ 2 − 1 matchs supplémentaires si elle récupère les perdants du premier tour
Championnat (toutes rondes)
Dans un championnat toutes rondes, chaque équipe rencontre toutes les autres une fois, et le classement final se lit directement au tableau des points. C'est le format le plus équitable qui existe : aucune équipe n'est éliminée sur un mauvais match, et personne ne peut gagner par un tirage favorable. Son défaut est arithmétique et sans appel : le nombre de matchs croît en carré du nombre d'équipes.
N × (N − 1) ÷ 2 matchs, soit N − 1 rondes
Système suisse
Dans un système suisse, personne n'est éliminé : le nombre de rondes est fixé à l'avance et, à chaque ronde, on apparie les équipes qui ont le même nombre de points. Les meilleures se rencontrent donc naturellement, sans qu'on ait à les éliminer. C'est le format qui fait jouer le plus de monde en le moins de temps — un tournoi à 64 équipes se tranche en six rondes au lieu de soixante-trois matchs à élimination.
R × (N ÷ 2) matchs, avec R ≈ log₂(N) rondes pour dégager un vainqueur net
Double élimination
En double élimination, il faut perdre deux fois pour être sorti du tournoi. Une équipe battue ne rentre pas chez elle : elle bascule dans un second tableau, dit tableau de repêchage, où elle peut remonter jusqu'à la finale. Le format corrige le principal défaut de l'élimination directe — un mauvais match, un mauvais tirage, et c'est fini — sans faire jouer autant qu'un championnat.
2N − 2 matchs (2N − 1 si la grande finale se rejoue)
Le format dépend surtout de votre discipline
Un concours de palet ne se joue pas comme un tournoi de sixte. Chaque page de discipline indique le format le plus adapté, et pourquoi.
Choisir, puis dimensionner
Le format décide du nombre de matchs. Le nombre de terrains décide de l'heure à laquelle vous finissez, et les deux calculs ne donnent pas le même résultat.