Combien de terrains, et combien de temps ça va prendre

La règle que tout le monde applique — nombre de matchs divisé par nombre de terrains — donne le bon résultat quand les terrains sont rares, et un résultat faux quand ils sont nombreux. Il y a une deuxième contrainte, et c'est elle qui commande à partir de quatre ou cinq terrains : une équipe ne peut pas jouer deux matchs en même temps.

Mis à jour le 25 juillet 2026

Les deux calculs à faire, pas un

La durée d'un tournoi est bornée par deux choses indépendantes. Il faut calculer les deux et garder la plus grande.

Contrainte n° 1 — la capacité des terrains. Vous avez M matchs à faire jouer sur T terrains. Il faudra au minimum M ÷ T vagues, arrondi au supérieur. C'est le calcul que tout le monde fait.

Contrainte n° 2 — l'enchaînement des tours. Les matchs ne sont pas interchangeables : la finale ne peut pas se jouer avant les demies, et dans une poule de 4, chaque équipe joue ses trois matchs l'un après l'autre. Il y a donc un nombre de tours incompressible, quel que soit le nombre de terrains.

La formule complète

durée = max( matchs ÷ terrains ; nombre de tours ) × (durée d'un match + battement)

Le battement, c'est le temps réel entre deux matchs sur un même terrain : ramasser, retracer, appeler les équipes suivantes, attendre le retardataire. Cinq minutes est un minimum honnête ; sur un concours de pétanque avec cinquante doublettes, comptez dix.

Exemple concret : 16 équipes en poules de 4 puis finale entre les vainqueurs de poule, ça fait 27 matchs et 5 tours. Sur 8 terrains, la première contrainte donne 4 vagues, soit 1 h 40. La seconde en impose 5, soit 2 h 05. C'est 2 h 05, et aucun terrain supplémentaire ne changera ça.

Le tableau de correspondance

Format de référence : poules de 4, puis phase finale entre les vainqueurs de poule. Matchs de 20 minutes, 5 minutes de battement.

ÉquipesMatchsTours2 terrains4 terrains6 terrains8 terrains
81342 h 551 h 401 h 401 h 40
122054 h 102 h 052 h 052 h 05
162755 h 502 h 552 h 052 h 05
203467 h 053 h 452 h 302 h 30
244168 h 454 h 352 h 552 h 30
3255611 h 405 h 504 h 102 h 55

Les cases où la durée cesse de baisser sont celles où l'enchaînement des tours a pris le relais : ajouter un terrain n'y sert plus à rien. Pauses, accueil et remise des prix non compris.

Lecture utile : à 16 équipes, passer de 2 à 4 terrains fait gagner près de trois heures. Passer de 6 à 8 ne fait rien gagner du tout. C'est là qu'il faut arrêter de chercher des terrains et commencer à raccourcir les matchs — ou changer de format.

Combien de terrains peuvent réellement servir

Il existe un plafond au-delà duquel un terrain de plus reste vide. Il dépend du format :

  • Élimination directe : au premier tour, la moitié des équipes joue. Le plafond est donc N ÷ 2 — mais seulement pour le premier tour. Au dernier tour, un seul terrain sert. C'est le format le plus gourmand en terrains au début et le plus économe à la fin.
  • Poules : dans une poule de 4, deux matchs peuvent se jouer en parallèle. Avec P poules, le plafond est 2 × P.
  • Mêlée : tout le monde joue à chaque tour, le plafond est N ÷ 2 et il est atteint en permanence. C'est le format qui exploite le mieux un grand nombre de terrains.

C'est la raison pour laquelle un concours de palets à 60 doublettes se joue en mêlée sur trente planches et pas en tableau : le tableau laisserait la moitié des planches inutilisées dès le deuxième tour. Le format mêlée en détail.

Les quatre erreurs qui font finir à la nuit

  • Oublier le battement. Sur 27 matchs à 2 terrains, cinq minutes de battement ajoutent plus d'une heure. C'est la seule erreur de calcul qui se paie proportionnellement au nombre de matchs.
  • Compter la pause déjeuner comme du temps de jeu. Une heure de pause, c'est une heure. Elle doit apparaître dans le planning, sinon elle apparaîtra dans le retard.
  • Prévoir juste, sans marge. Un tournoi ne finit jamais en avance. Ajoutez 15 % : c'est l'ordre de grandeur des matchs qui débordent, des équipes introuvables et des litiges d'arbitrage.
  • Réserver la salle jusqu'à l'heure de fin calculée. Il faut aussi ranger, et la remise des prix se fait après le dernier match, pas pendant.

Le calcul dans l'autre sens : partir de l'heure de fin

C'est souvent la vraie contrainte — la salle est libre de 14 h à 19 h, point. Dans ce sens, on cherche le nombre d'équipes maximum, et le raisonnement se renverse :

  1. Temps disponible, moins la marge de 15 %, moins la remise des prix.
  2. Divisez par (durée d'un match + battement) : vous obtenez le nombre de vagues possibles.
  3. Multipliez par le nombre de terrains : c'est votre budget de matchs.
  4. Choisissez le format dont le nombre de matchs tient dans ce budget. Les formules par format.

Exemple : 5 heures, 3 terrains, matchs de 20 minutes. Marge et remise des prix déduites, il reste environ 4 heures, soit 9 vagues, soit 27 matchs. C'est exactement un tournoi à 16 équipes en poules de 4. À 24 équipes il en faudrait 41 : c'est hors budget, il faudrait raccourcir les matchs à 12 minutes ou trouver un quatrième terrain.

Questions fréquentes

Combien de terrains faut-il pour 16 équipes ?

Quatre terrains permettent de boucler 16 équipes en poules de 4 puis finale en environ 2 h 55, avec des matchs de 20 minutes. Six terrains ramènent à 2 h 05, et au-delà de six on ne gagne plus rien : l'enchaînement des tours devient la contrainte.

Pourquoi ajouter un terrain ne raccourcit-il plus le tournoi ?

Parce qu'une équipe ne peut pas jouer deux matchs en même temps, et qu'un match de phase finale ne peut pas se jouer avant celui qui le qualifie. À partir d'un certain nombre de terrains, ce n'est plus la capacité qui limite mais l'ordre des tours. La durée plancher est alors le nombre de tours multiplié par la durée d'un cycle.

Combien de temps faut-il compter entre deux matchs ?

Cinq minutes est un minimum réaliste : ramasser, retracer, appeler les équipes suivantes. Sur des disciplines où le terrain doit être remis en état, ou quand les participants sont nombreux et dispersés, dix minutes sont plus proches de la réalité.

Faut-il compter la pause déjeuner dans le calcul ?

Oui, en tant que temps mort explicite. Une pause d'une heure décale toute la suite du planning d'une heure : elle doit figurer dans le planning et dans l'heure de fin annoncée aux participants.

Quelle marge prévoir par rapport au calcul théorique ?

Environ 15 %. Un tournoi amateur ne finit jamais en avance : des matchs débordent, des équipes sont introuvables au moment d'être appelées, un litige d'arbitrage prend dix minutes. La marge n'est pas de la prudence, c'est la moyenne observée.

Le planning se calcule tout seul

Indiquez vos terrains et la durée d'un match : La Compét répartit les rencontres, respecte l'enchaînement des tours et affiche l'heure de fin estimée. Si vous ajoutez un terrain, tout se recalcule.

Pour aller au concret

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