Encaisser les inscriptions sans se mettre en tort

Oui, une association peut faire payer des droits d'inscription, tenir une buvette et organiser une tombola. Chacune de ces trois recettes a ses propres conditions, et deux d'entre elles demandent une autorisation du maire, avec des délais différents. Voici ce que disent les textes, sources officielles à l'appui.

Mis à jour le 25 juillet 2026

Ce guide n'est pas un conseil juridique

Il résume des textes publics et cite ses sources pour que vous puissiez les vérifier. Les règles locales varient — la mairie de votre commune reste l'interlocuteur qui tranche, et un expert-comptable reste nécessaire dès que l'activité prend de l'ampleur.

Les droits d'inscription

Une association peut demander une participation financière pour entrer dans son tournoi. C'est une recette de manifestation, pas un don. La distinction n'est pas cosmétique :

Un droit d'inscription n'ouvre jamais droit à un reçu fiscal. La réduction d'impôt de l'article 200 du code général des impôts est réservée aux versements qui constituent de véritables dons, c'est-à-dire sans contrepartie. Les contreparties tolérées doivent rester dans un rapport de 1 à 4 — au maximum 25 % du versement — et ne pas dépasser 73 € depuis le 1er janvier 2021. Un droit d'inscription rémunère une contrepartie directe et immédiate : la participation au tournoi. Il ne peut donc pas être traité en don.

En pratique : encaissez, enregistrez la recette en comptabilité, et n'émettez pas de reçu fiscal. Si un participant veut faire un don en plus de son inscription, c'est un versement distinct, à enregistrer séparément.

La buvette : autorisation du maire, et deux régimes

C'est souvent la vraie recette d'un tournoi, et c'est la démarche que les organisateurs découvrent le plus tard.

SituationNombre d'autorisationsDélai à respecter
Lieu ordinaire (salle des fêtes, terrain communal)5 par an et par associationDemande au maire au moins 15 jours avant
Enceinte sportive (stade, gymnase, salle d'éducation physique)Jusqu'à 10 par an pour une association sportive agréée, 48 h chacune3 mois avant

La vente d'alcool est en principe interdite dans les enceintes sportives : le second régime est une dérogation, pas un droit.

Dans les deux cas, l'autorisation ne couvre que les boissons du groupe 1 (sans alcool) et du groupe 3 — les boissons fermentées non distillées d'au plus 18 degrés : vin, bière, cidre, poiré, hydromel. Les alcools distillés des groupes 4 et 5 ne sont pas couverts par une autorisation de buvette temporaire.

Le délai de 3 mois pour les enceintes sportives est le piège le plus courant : un tournoi de foot ou de basket organisé dans un gymnase municipal tombe dans ce cas, et trois mois, c'est avant que vous n'ayez commencé à y penser.

La tombola et le loto : deux régimes opposés

Les loteries sont interdites par principe en droit français. Deux exceptions concernent directement les associations, et elles ne fonctionnent pas du tout pareil.

  • La tombola — autorisation obligatoire. Elle doit être exclusivement destinée à des actes de bienfaisance, à l'encouragement des arts ou au financement d'activités sportives à but non lucratif, et cet objet doit figurer dans les statuts. L'autorisation est délivrée par le maire de la commune du siège de l'association depuis mars 2015, sur formulaire, en pratique deux mois avant. Les lots sont en nature : pas de gains en espèces.
  • Le loto traditionnel — aucune autorisation. La quine, la rifle : pas de démarche préalable, à trois conditions cumulatives — un cercle restreint, un but social, culturel, éducatif, sportif ou d'animation locale, et des mises n'excédant pas 20 € par personne. Là encore, les lots sont en nature.

C'est une asymétrie utile à connaître : si vous êtes à trois semaines du tournoi et que vous n'avez pas demandé d'autorisation, le loto reste possible, la tombola non.

Les deux seuils fiscaux qui vous concernent

Une association dont la gestion est désintéressée n'est pas imposée sur ses activités non lucratives. Deux mécanismes protègent les recettes d'un tournoi.

1. Les six manifestations de soutien ou de bienfaisance. L'article 261, 7-1° c du code général des impôts exonère de TVA les recettes de six manifestations par an, organisées au profit exclusif de l'association. L'exonération couvre toutes les ventes réalisées pendant la manifestation, y compris l'exploitation des bars et buvettes, et vise expressément les kermesses, loteries et tombolas. Deux conditions à ne pas oublier : la manifestation doit rester exceptionnelle — l'activité habituelle de l'association n'entre pas dans le quota — et une comptabilité distincte des opérations exonérées est obligatoire. En cas de co-organisation, la manifestation s'impute sur le quota de chacune des associations.

2. La franchise des activités lucratives accessoires. Le seuil est de 81 051 € à compter du 1er janvier 2026 (80 011 € en 2025). Il est revalorisé chaque année. Trois conditions cumulatives : gestion désintéressée, activités non lucratives significativement prépondérantes, et recettes lucratives accessoires non financières inférieures au seuil.

Pour un tournoi de village, ces seuils ne mordent pas

Un tournoi qui encaisse quelques centaines d'euros d'inscriptions et autant de buvette est très loin des 81 051 €, et n'utilise qu'une des six manifestations. Ces règles deviennent réellement structurantes pour les associations qui organisent plusieurs événements payants par an — c'est là qu'il faut compter les manifestations et tenir la comptabilité séparée.

La musique : la Sacem, et la réduction de 20 %

Dès que vous diffusez des œuvres musicales protégées — une sono à la buvette suffit — une autorisation préalable de la Sacem est nécessaire et des droits d'auteur sont dus. La déclaration se fait en ligne.

Trois réductions cumulables avec les barèmes, à connaître :

  • 20 % si la demande est déposée au moins 15 jours avant la manifestation. C'est la plus simple à obtenir, et la plus souvent perdue par oubli.
  • 12,5 % pour les associations agréées d'éducation populaire.
  • 5 % pour les organismes sans but lucratif organisant des manifestations à entrée gratuite.

Des forfaits existent notamment pour les manifestations sportives : le montant dépend du barème en vigueur, à demander directement à la Sacem.

Encaisser en ligne ou sur place

Sur placeEn ligne, à l'inscription
Taux de forfaitÉlevé — rien n'engage l'équipeNettement plus faible : une équipe qui a payé vient
Charge le jour JUne file d'attente à l'accueil au pire momentNulle : l'accueil ne fait que cocher les présents
Traçabilité comptableEspèces à recompter, écarts de caisseRelevé automatique, chaque paiement rattaché à une équipe
FraisAucunCommission du prestataire de paiement

Le calcul se fait vite : sur un tournoi à 20 équipes et 10 € de mise, deux forfaits évités couvrent largement les frais de paiement. Et la file d'attente supprimée à l'accueil vaut souvent plus que l'argent — c'est le poste qui bloque le tournoi quand il sature.

Les deux autres obligations, qui ne coûtent rien

  • L'assurance. L'organisateur d'une manifestation sportive doit souscrire une assurance de responsabilité civile couvrant l'organisateur, ses préposés salariés ou bénévoles et les pratiquants (article L. 331-9 du code du sport). Beaucoup d'associations sont déjà couvertes par leur contrat annuel : vérifiez le périmètre avant d'en souscrire un second.
  • La déclaration. Une manifestation sportive publique qui n'est ni organisée ni autorisée par une fédération agréée doit être déclarée à l'autorité administrative au moins un mois à l'avance (article L. 331-2 du code du sport).

Questions fréquentes

Une association peut-elle faire payer l'inscription à un tournoi ?

Oui. C'est une recette de manifestation, à enregistrer en comptabilité. Elle n'est pas assimilable à un don : elle ne peut donc pas donner lieu à un reçu fiscal, puisque la réduction d'impôt de l'article 200 du CGI suppose un versement sans contrepartie, alors que le droit d'inscription rémunère la participation au tournoi.

Combien de buvettes une association peut-elle ouvrir par an ?

Cinq autorisations par an dans le régime de droit commun, délivrées par le maire, à demander au moins 15 jours avant. Dans une enceinte sportive, où la vente d'alcool est en principe interdite, les associations sportives agréées peuvent obtenir jusqu'à dix dérogations par an, de 48 heures chacune, à demander trois mois à l'avance.

Quelles boissons peut-on vendre à la buvette d'un tournoi ?

Celles du groupe 1, sans alcool, et celles du groupe 3 : les boissons fermentées non distillées d'au plus 18 degrés, soit le vin, la bière, le cidre, le poiré et l'hydromel. Les alcools distillés des groupes 4 et 5 ne sont pas couverts par une autorisation de buvette temporaire.

Faut-il une autorisation pour une tombola ?

Oui, délivrée par le maire de la commune du siège de l'association, à demander en pratique deux mois avant, avec des lots en nature exclusivement. Le loto traditionnel — quine, rifle — échappe en revanche à toute autorisation préalable, à condition que le cercle reste restreint, que le but soit social, culturel, éducatif, sportif ou d'animation locale, et que les mises n'excèdent pas 20 € par personne.

À partir de quel montant une association est-elle imposée sur ses recettes ?

La franchise des impôts commerciaux s'applique jusqu'à 81 051 € de recettes lucratives accessoires à compter du 1er janvier 2026, sous réserve d'une gestion désintéressée et d'activités non lucratives significativement prépondérantes. En parallèle, six manifestations de soutien ou de bienfaisance par an sont exonérées de TVA, buvette comprise.

Faut-il déclarer la musique diffusée pendant le tournoi ?

Oui, dès qu'il s'agit d'œuvres protégées. La demande se fait en ligne auprès de la Sacem, et une réduction de 20 % s'applique automatiquement si elle est déposée au moins 15 jours avant la manifestation. D'autres réductions existent : 12,5 % pour les associations agréées d'éducation populaire, 5 % pour les manifestations à entrée gratuite organisées par un organisme sans but lucratif.

Sources

Encaisser les inscriptions en ligne

La Compét permet de faire payer l'inscription au moment où l'équipe s'inscrit, par carte. Une équipe qui a payé vient : c'est l'effet le plus net sur le taux de forfait le jour J.

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